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e-commerce : en finir avec le casse tête logistique !

Solutions Manutention N°18 >> novembre/décembre 2016

Voici la suite, et la fin, du "S'informer" paru dans notre numéro précédent.

Répondre efficacement à la problématique du dernier kilomètre

Si la logistique urbaine est l’étape la plus courte dans la chaîne de transport, elle est la plus complexe à gérer et surtout la plus coûteuse (entre 13 et 75 % du coût total de la e-logistique BtoC). Disposer d’entrepôts au cœur ou en proche périphérie des villes constitue évidemment un atout considérable pour les entreprises de la e-logistique. Des solutions de transport efficaces doivent également être adoptées. Contrairement aux idées reçues, les véhicules "verts" ne sont pas la panacée. Pour éviter la congestion des villes, les entreprises peuvent leur préférer le transport multimodal, créant des alternatives au tout-routier, ou encore le report modal, visant à utiliser des transports initialement prévus pour les transports de voyageurs (tramway, VTC). Enfin, des alternatives à la livraison à domicile doivent être davantage développées. La livraison en points relais est déjà une solution plébiscitée par les consommateurs, auxquels les entreprises vont maintenant proposer des consignes automatiques. Permettant une massification des flux tout en répondant aux attentes des cyberconsommateurs en termes d’accessibilité, de gratuité et de simplicité, ce type de livraison a été plébiscité par La Poste, qui a installé plus de 100 "Pickup Stations" dans des gares SNCF d’Ile-de-France. Le groupe ambitionne de mettre à disposition 1 000 de ces casiers automatiques sur l’ensemble du territoire à l’horizon 2016.

Vers une vision plus collaborative du métier ?

Les alliances stratégiques volontaristes sont aujourd’hui essentielles pour construire une chaîne logistique globale, harmonisée et durable, de l’avis des experts de Precepta. La coopération entre les acteurs doit être structurée autour d’un leader qui assure l’optimisation économique, environnementale et citadine. Son rôle est de favoriser la mutualisation des flux et des moyens. Ce positionnement implique la détention d’actifs stratégiques, notamment un système d’information solide et un capital foncier important pour convaincre les complémenteurs d’adhérer à son alliance. Ces partenaires devront également disposer de ressources essentielles à la construction d’une chaîne logistique globale. Prémices d’une logique écosystémique, La Poste a inauguré à Lyon en octobre 2015 un espace logistique urbain de 5 500 m2 regroupant plusieurs sociétés du groupe (Chronopost, DPD, etc.) pour créer des synergies, optimiser l’utilisation des bâtiments, maximiser le taux de chargement des véhicules et finalement réduire les coûts. La persistance d’intérêts stratégiques divergents entre les acteurs de la e-logistique empêche toutefois la généralisation de ces logiques coopératives. Une autre solution serait la formation d’alliances stratégiques avec les villes, qui pourraient faire office de catalyseurs pour impulser une vision plus collective et harmonisée des réseaux logistiques. Ainsi, le plan de logistique urbaine de Grenoble prévoit la création d’un centre de distribution urbaine. De manière générale, le transport de marchandises doit être mieux intégré au sein d’une ville devenue plus intelligente. La smart city permet tout d’abord aux professionnels de la logistique d’ouvrir de nouveaux marchés. A cet égard, l’exploitation des data est essentielle. Grâce à leur position au centre de ces échanges, les transporteurs et entreprises logistiques sont idéalement placés pour fournir et monétiser des informations détaillées concernant les flux de marchandises qui transitent par leur réseau. ● Étude réalisée par Thibaud Brejon de Lavergnée dont le titre est "Logistique et e-commerce - Quelles options stratégiques pour optimiser les flux ?" pour le cabinet d'analyse indépendant Precepta, division du groupe Xerfi.