Baromètre DLR/Asterès T2 2025  

Solutions Manutention N°72 - novembre/décembre 2025 >>

Au deuxième trimestre 2025, l’activité reste contrastée selon les métiers. La distribution poursuit sa chute, tirée vers le bas par l’effondrement des ventes de matériels neufs et d’occasion, face à une concurrence étrangère accrue. La manutention reste orientée à la baisse, même si la variation trimestrielle est positive, signe d’un léger répit après des trimestres difficiles. À l’inverse, la location confirme sa solidité, soutenue par une demande stable. Dans un environnement économique encore incertain, entre ralentissement de la construction et pressions internationales, les entreprises doivent renforcer leur agilité en diversifiant leurs activités (location, maintenance, reconditionnement) et en optimisant leurs organisations pour préserver leurs marges.

Au deuxième trimestre 2025, l’économie française a fait preuve de résilience (+0,3%) dans un contexte marqué par des instabilités.

La croissance annuelle, attendue à +0,6%, reste inférieure à son potentiel et peine à se diffuser à l’ensemble des secteurs. L’inflation, retombée à +0,9 % en août, apporte un léger regain de pouvoir d’achat aux ménages. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne a marqué une pause dans son cycle d’assouplissement monétaire (taux de dépôt à 2%), après huit baisses de taux en un an. Elle devrait maintenir ce niveau en septembre en raison d’une incertitude accrue sur les perspectives d’inflation, notamment liée à la mise en place de nouveaux droits de douane. Le coût du crédit s’est tout de même allégé depuis un an, offrant ainsi des perspectives plus favorables pour l’investissement. Néanmoins, le climat des affaires (96 points) et l’indice du bâtiment (98 points) restent sous leurs moyennes de long terme. Les permis de construire et les mises en chantier reculent respectivement de 5% et 0,8% sur un an, limitant la visibilité des entrepreneurs.

Dans ce contexte, les trois métiers suivis par le baromètre affichent des trajectoires très contrastées.

La distribution s’enfonce dans la crise : le chiffre d’affaires dévisse de -18,1 % sur un an et de -17,2 % par rapport au T1 2025, sous le double choc de la contraction des ventes de matériels neufs (-27%) et d’occasion (-5%) face à la concurrence asiatique. Certains distributeurs tentent de compenser en accentuant leurs activités de location, notamment de courte durée, de maintenance et en développant l’offre circulaire (pièces détachées, reconditionnement). La manutention continue également de baisser et cède -7,9 % sur un an, bien que la baisse se modère par rapport au T1 2025 avec une variation trimestrielle positive de 21%. À l’inverse, la location confirme sa bonne santé, enregistrant une hausse de +0,8% sur un an et +6,9% sur un trimestre.

Les perspectives du reste de l’année dépendront d’un double levier.

D’une part, l’assouplissement des critères bancaires pourraient dégeler l’investissement productif et stimuler les carnets de commandes, surtout si les dispositifs publics en faveur de la rénovation énergétique sont reconduits. D’autre part, le secteur de la construction devra confirmer son redémarrage une fois l’incertitude politique dissipée : un rebond même modeste de la construction neuve, combiné aux programmes de rénovation et aux projets liés à la décarbonation, offrirait un relais de croissance décisif. Reste que plusieurs freins persistent — fragilité du BTP, concurrence internationale — et imposent aux entreprises de renforcer leur agilité : optimiser la gestion des stocks, diversifier les sources d’approvisionnement et accélérer la transition numérique pour sécuriser marges et parts de marché dans un environnement toujours volatil. ● La Fédération DLR représente, promeut et défend les intérêts des entreprises des secteurs de la distribution, de la location et de la maintenance des matériels de construction et de manutention.